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Vers Un Fret Décarboné / #14

Les carburants alternatifs sauveront-ils la planĂšte et le transport ?

Vers un Fret DĂ©carbonĂ© en un clin d’Ɠil

🌿 Focus du mois : Le fret Ă  l’aube d’une rĂ©volution Ă©nergĂ©tique

🚛 Routier : Le verdict est tombĂ© : mĂȘme sur longue distance, le camion sera Ă©lectrique

đŸŒ± Les bio-carburants : Une ressource prĂ©cieuse
 et dĂ©jĂ  sous tension

💧 HydrogĂšne bas carbone : Un dĂ©marrage lent, mais un futur dans l’aĂ©rien et le maritime


🌿 Focus du mois

Le fret Ă  l’aube d’une rĂ©volution Ă©nergĂ©tique

🔄 Le Fret, c’est du pĂ©trole, et rĂ©ciproquement

95% du fret mondial est assuré par les énergies fossiles, dont 93% du pétrole.

Réciproquement, un baril de pétrole sur trois est consommé par un véhicule qui transporte des marchandises. En premiÚre approximation, la consommation mondiale de pétrole se répartit comme suit :

  • 1/3 pour dĂ©placer des personnes
  • 1/3 pour dĂ©placer des marchandises
  • 1/3 pour d’autres usages

Répartition de la consommation de pétrole

🚚 Le Fret, principalement des camions

Zoomons sur le tiers de la consommation de pétrole destiné au fret.

Les camions représentent 75% du pétrole consommé par le fret. Les 25% restants sont destinés aux porte-conteneurs (fioul lourd) et aux avions (kérosÚne).

Consommation de pétrole par mode de fret

đŸ„ La fin du pĂ©trole, c’est pour bientĂŽt

Climatiquement, nous devons nous mettre au rĂ©gime. Pour respecter les accords de Paris, les Ă©missions de CO2, et donc la consommation de pĂ©trole dans le secteur, doivent diminuer d’au moins 3 % par an. Soit une division de la consommation par deux d’ici Ă  2050.

Climat ou pas climat, il existe aussi une voiture balai : la limite gĂ©ologique. Selon le Shift Project, pour la seule raison de l’épuisement des gisements, la production mondiale de pĂ©trole devrait ĂȘtre divisĂ©e par deux d’ici 2050.

🌊 AprĂšs le pĂ©trole, le dĂ©luge ?

L’extrĂȘme dĂ©pendance au pĂ©trole, couplĂ©e Ă  des tensions sur son approvisionnement futur, reprĂ©sente une vulnĂ©rabilitĂ© majeure.

Depuis plusieurs annĂ©es, de nombreux prĂ©tendants se positionnent pour dĂ©trĂŽner le pĂ©trole : gaz, hydrogĂšne, Ă©lectricitĂ©, biocarburants, Ă©lectrocarburants
 Une certitude demeure : le fret Ă©voluera d’une ‘hĂ©gĂ©monie du pĂ©trole’ vers un mix Ă©nergĂ©tique diversifiĂ©.

Aujourd’hui, le brouillard se lùve et les trajectoires technologiques commencent à se dessiner.

👀 Explorons la transition Ă©nergĂ©tique du premier secteur consommateur de pĂ©trole.


Le verdict est tombĂ© : mĂȘme sur longue distance, le camion sera Ă©lectrique ⚡

Camion électrique longue distance

“L’électricitĂ© est la technologie alternative la plus pertinente au diesel pour le transport routier de marchandises.”

C’est la conclusion de l’excellente Ă©tude de Carbone 4, “Quelles technologies pour les poids lourds longue distance de demain ?”

L’étude analyse huit technologies alternatives sous deux contraintes : le pouvoir dĂ©carbonant et la disponibilitĂ© des ressources.

Résultats des courses ?

✅ L’électrification s’impose : dĂ©jĂ  en cours pour le transport urbain et rĂ©gional, elle deviendra aussi incontournable pour les poids lourds longue distance grĂące Ă  la baisse du coĂ»t des vĂ©hicules, l’augmentation de l’autonomie et le dĂ©veloppement des infrastructures de recharge.

💰 L’électrique sera aussi le choix Ă©conomique : le TCO (Total Cost of Ownership), aujourd’hui encore dĂ©favorable (+18%), passera sous celui du diesel dĂšs 2030.


Les bio-carburants : une ressource précieuse
 et déjà sous tension

Bio-carburants et limites de ressources

La production de bio-carburant se fait Ă  partir de ressources renouvelables (non fossiles) :

  • 1Ăšre gĂ©nĂ©ration: culture Ă©nergĂ©tique (colza, betterave)
  • 2Ăšme gĂ©nĂ©ration : dĂ©chets agri-agro, mĂ©nagers ou forestiers

Or, ces ressources sont limitées et convoitées.

Les terres arables font l’objet de fortes convoitises par de nombreux secteurs (bĂątiment, industrie, agriculture, puits de carbone, etc.), entraĂźnant dĂ©jĂ  des dĂ©rives, dont la dĂ©forestation importĂ©e.

Pour ce qui est des dĂ©chets, une Ă©tude d’OVRSEA montre que la valorisation de l’ensemble des huiles de cuissons usagĂ©es du monde ne couvrirait que 4% de la consommation Ă©nergĂ©tique du secteur.

Les biocarburants sont donc une ressource précieuse, mais limitée.

Leur utilisation devra ĂȘtre privilĂ©giĂ©e pour le secteur maritime et aĂ©rien, qui ne disposent pas de l’alternative Ă©lectrique.


HydrogĂšne bas carbone : un dĂ©marrage lent, mais un futur dans l’aĂ©rien et le maritime

HydrogĂšne bas carbone

Le dĂ©fi de l’hydrogĂšne est sa production. Aujourd’hui, 99% de l’hydrogĂšne produit est d’origine fossile. Son utilisation est donc plus carbonĂ©e que la combustion directe de carburants fossiles.

L’hydrogĂšne ‘vert’, produit Ă  partir de l’électrolyse de l’eau, nĂ©cessite des quantitĂ©s gigantesques d’électricitĂ© bas carbone.

L’hydrogùne sera marginal sur le routier.

Partout oĂč l’hydrogĂšne concurrence la batterie, notamment dans le transport routier, cette derniĂšre devrait l’emporter. Les deux technologies dĂ©pendent d’une Ă©lectricitĂ© dĂ©carbonĂ©e, l’hydrogĂšne reste cependant bien moins efficace, avec 70% de pertes Ă©nergĂ©tiques contre seulement 25% pour l’électrique Ă  batterie.

Efficacité énergétique comparée hydrogÚne vs batterie

L’hydrogĂšne, pierre angulaire des futurs carburants aĂ©riens et maritimes.

L’hydrogĂšne reste pertinent dans des secteurs oĂč l’électrique peine Ă  s’imposer : l’aĂ©rien et le maritime.

La nature exacte du carburant reste une inconnue, voici les principales options :

  • HydrogĂšne H₂ : stockĂ© sous forme comprimĂ©e ou liquĂ©fiĂ©e.
  • Ammoniac NH₃ : soluble dans l’eau.
  • MĂ©thanol vert CH₃OH : liquide.
  • E-KĂ©rosĂšne / E-Diesel : produits Ă  partir de CO₂ et d’hydrogĂšne.

Des ambitions mais un retard à l’allumage.

Il est important de souligner que cette filiĂšre est en retard. En 2024, seulement 1 million de tonnes d’hydrogĂšne ont Ă©tĂ© produites, soit l’équivalent d’à peine 0,1% de la consommation Ă©nergĂ©tique du fret. Autant dire, rien.


En conclusion

Dans les 25 prochaines annĂ©es, le secteur du fret devra opĂ©rer une transition Ă©nergĂ©tique majeure, du tout-pĂ©trole au profit de trois nouvelles sources d’énergie plus durables :

  • L’électricitĂ© : avec les camions Ă  batteries pour le transport terrestre.
  • Les biocarburants : produits Ă  partir de dĂ©chets, mais limitĂ©s en volume, reprĂ©sentant une petite fraction de la demande Ă©nergĂ©tique.
  • L’hydrogĂšne : sous diverses formes pour les avions et les navires.

ParallÚlement à cette transition, il est essentielle de réduire la consommation énergétique du secteur. Pour cela, quatre leviers :

  • RĂ©duire la demande (t.km)
  • Encourager le report modal
  • Augmenter les taux de remplissage des vĂ©hicules
  • Optimiser l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique

C’est en combinant ces actions que le secteur pourra vĂ©ritablement se dĂ©carboner Ă  la vitesse des ambitions climatiques !

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